COULEURS DU JARDIN
Court métrage, 16mm et super8 numérisé, 12min, 2025.
Résumé :
Issu d’un travail de recherche en chimie verte et d’expérimentations avec des révélateurs aux plantes tinctoriales, ce projet nous propose de repenser la fabrication des couleurs sur le support film. Au gré des saisons, nous suivons les plantes, qui, au centre des manipulations, semblent se soumettre aux mains des protagonistes. Pourtant c’est grâce à leur substance que le film se déploie, dans ses formes et dans ses différentes tonalités. Couleurs du jardin commence par explorer les codes du documentaire, de la plantation collective à la récolte. Puis des liens visuels et sonores entre les gestes de l’atelier de teinture et ceux du laboratoire nous emmènent vers un herbier-nuancier.
Synopsis :
Nous assistons à la plantation du jardin à couleurs. Les gestes répétitifs et rythmés des coups de pioches se succèdent La caméra est dirigée vers le sol. La terre est creusée par de nombreux coups de pelle. Les vers de terre sont mis à nu et les restes squelettiques d’animaux sont déterrés. Le maniement des plantes par les jardiniers est parfois brutal, maladroit, parfois délicat. Une fois planté, le jardin retrouve son calme. Au printemps les plantes bourgeonnent. La cueillette à lieu, les orties sont coupées et déposées dans une bassine, tout comme l’indigofera.
Dans le laboratoire, la bobine de film une fois enroulée sur sa spire est prête à être développée. On remplit des contenants au robinet du jardin. Récipients et ustensiles s’agitent. Une main verse et mélange délicatement les ingrédients poudreux. Les plantes sont déposées dans l’eau bouillante. On mélange transvase et infusent les ingrédients. Les grandes marmites sont sur le feu. Les feuilles et les branches s’agitent au gré du vent. Les insectes s’y posent et butinent. C’est le début de l’été. Chaque plante donne une tonalité, une ambiance colorée au film. La bruyère un jaune oranger, la garance du rosé au rouge, l’indigofera du vert et du bleu, le genêt un jaune… Les couleurs sortent de la cuve, Le film est teint, une plante, une couleur. Un nuancier défile alors sur l’écran. Petit à petit l’image se dégrade. Les résidus de plantes viennent se déposer sur la pellicule tâches et vibration défilent nous rappelle la terre du jardin. Les représentations figuratives et abstraites que produisent les plantes nous emporte d’un film documentaire à un film abstrait tel un nuancier végétal animé.
Ce film a été réalisé à L’Ensad Limoges dans le cadre d’une résidence au sein du projet de recherche et création Chromoculture en partenariat avec la cinémathèque Nouvelle Aquitaine pour la numérisation et le soutien de Light Cone Atelier 105 pour la post production.








